Pages

Greffe des deux mains

En Janvier 2000, un français a été greffé des deux mains. L'opération est selon les médecins, un succès et peut-être vous souvenez-vous l'avoir vu agiter ses "nouveaux" doigts à la télé.
Dans notre cas, il convient de rappeler que la greffe a été nécessaire suite à une explosion qui a eu lieu quand cet homme "chipotait" des poudres pour "bricoler" une fusée.

NE FAITES PAS LA MEME ERREUR !

Voici quelques extraits de presse concernant cette erreur.

L’homme aux mains greffées commence à bouger les doigts

A l ’ occasion de sa première apparition en public depuis l ’ opération , Denis Chatelier, 33 ans, le premier homme à avoir subi une double greffe des mains, s ’ est présenté , hier, à Lyon, comme un « grand, grand battant » . « Je me suis battu jusqu ’ au bout et j ’ ai tenu le coup ».
Le jeune patient est arrivé en fauteuil roulant, le teint pâle mais le sourire aux lèvres, avant de brandir en l ’ air ses deux bras plâtrés. « On m ’ a dit accroche-toi à la branche et je me suis dit, Denis, bats-toi », a-t-il déclaré à l ’ hôpital Edouard-Herriot de Lyon .

« Aujourd ’ hui je suis très, très content parce que plus tard je pourrai caresser mes gamins, m ’ amuser avec eux, c ’ est ça l ’ essentiel ».
Denis Chatelier, un peintre en bâtiment , avait perdu ses deux mains en 1996, en fabriquant une fusée artisanale. Quatre ans, jour pour jour, après l ’ accident, l ’ équipe du P r Jean-Michel Dubernard l’appelait pour subir l’opération. Le jeune père de famille avait été « très ému » par l ’ opération du Néo-Zélandais Clint Hallam, le premier homme à se faire greffer la main d ’ un autre, en septembre 1998, par la même équipe médicale. « Quand j’avais vu Clint Hallam, ça m ’ a vait donné beaucoup d ’ espoir, et je m ’étais dit pourquoi pas moi ? ».

« On m ’ a redonné goût à la vie, maintenant j’ai deux vraies mains », a-t-il poursuivi. Il a légèrement fait bouger l’extrémité de sa main droite .
Le Pr Dubernard, « patron » de l’opération, a , de son côté, rappelé l’esprit de « marathonien » du patient. Il est « dans un état excellent », 25 jours après la double transplantation, a poursuivi le Pr Dubernard. La cicatrisation est, selon lui, complète, les poils et les ongles repoussent et le traitement immuno-suppresseur est bien supporté. « Il n ’ y a pas de signe de rejet », a-t-il précisé, soulignant que le greffé doit quitter l’hôpital à la fin de la semaine pour un centre de rééducation spécialisée


Denis Chatelier en compagnie du professeur Dubernard (à droite) , chef de l'équipe internationale de 18 chirurgiens qui a réussi la double transplantation le 13 janvier . (Photo AFP)

 

Le lundi 14 janvier 2002
Le premier greffé des deux mains a retrouvé "sensibilité et motricité"
Agence France-Presse Lyon


Denis Chatelier, "le premier homme au monde à vivre avec les deux mains d'un autre", a retrouvé une "sensibilité presque normale et une motricité satisfaisante" de ses mains, deux ans après l'opération, a annoncé lundi à Lyon le Pr Jean-Michel Dubernard, qui avait dirigé la double allogreffe.

La motricité des mains est réapparue il y a un an environ et ne cesse de progresser grâce à la rééducation, s'est félicité le chirurgien entouré de son équipe, lors d'une conférence de presse de "bilan à deux ans", en présence de Denis Chatelier. Celui-ci avait été greffé le 14 janvier 2000 après avoir perdu ses deux mains en fabriquant une fusée artisanale.

Denis Chatelier, qui s'est déclaré "très, très content" de pouvoir utiliser ses mains pour la quasi-totalité des actes de "la vie de tous les jours" a rendu hommage à Clint Hallam, le Néo-zélandais bénéficiaire de la première greffe d'une main réalisée également par l'équipe du Pr Dubernard en 1998. Celui-ci s'est cependant fait amputer en février 2001 à Londres après avoir abandonné son traitement anti-rejet.
Clint Hallam vient de demander une nouvelle greffe de la main, par message électronique au professeur britannique Nadey Hakim, qui l'avait amputé, a annoncé le Pr Dubernard.
Le chirurgien, qui n'a souhaité faire aucun commentaire sur cette demande, a cependant souligné que sans Clint Hallam "aucune greffe n'aurait été réalisée".

Greffe des deux mains : un bilan positif, selon le pr Jean-Michel Dubernard (Reuters Santé)
PARIS, 26 juin (Reuters Santé)

La première greffe de mains (en provenance d'une autre personne que le receveur) réalisée à Lyon en janvier 2000 chez un homme de 33 ans, Denis Chatelier, amputé au niveau des poignets à la suite d'une explosion donne satisfaction, selon un bilan présenté mardi par le Pr Jean-Michel Dubernard (Hôpital Edouard Herriot à Lyon) devant l'Académie de médecine.
Deux ans après la transplantation, le résultat global et fonctionnel est "très satisfaisant", selon le Pr Dubernard et son équipe qui remarquent tout d'abord que le traitement immunosuppresseur (traitement anti-rejet) "est efficace et bien supporté". Deux épisodes de rejet cutané survenus au 53ème et 82ème jour postopératoire ont été facilement contrôlés.
A deux ans, le patient a trouvé une mobilité passive qui permet l'enroulement presque complet des doigts bien que la mobilité active soit limitée par les tensions musculaires. En pinçant le pouce et l'index, le patient peut soulever 800 grammes au niveau des deux mains. Parallèlement est apparue une sensibilité de protection à la douleur, à la température et une sensibilité au contact léger.
Le gain en autonomie est important par rapport à l'état préopératoire qu'il s'agisse de l'hygiène personnelle, de l'habillage, des repas, des activités ménagères ou autres. Il se traduit par l'acquisition de nombreuses activités manuelles jusqu'alors impossibles (écriture, utilisation de ciseaux, port de charges) ou qui nécessitaient des aides techniques : ouverture d'un bocal, manipulation d'une fermeture éclair, utilisation d'un téléphone portable.
De ce bilan, on retiendra surtout que, pour la première fois, le professeur lyonnais évoque les modifications apportées au fonctionnement du cerveau. Des examens d'imagerie médicale par IRM ont mis en évidence une "plasticité" cérébrale caractérisée par un remaniement global des représentations sensitives et motrices des membres supérieurs qui vont dans le sens d'une "réversibilité" des réorganisations cérébrales induites par l'amputation.
Avant la greffe, les mouvements des doigts de la main droite et gauche entraînaient une activation de la partie la plus latérale de la région de la main proche de la représentation de la face. Six mois après la greffe, la représentation des deux mains se déplace pour occuper entièrement la région normalement dévolue à la main.
"Les mains greffées sont rapidement reconnues et intégrées par le cortex moteur primaire. Cette intégration s'accompagne d'un remodelage global des représentations des membres supérieurs".


Autre bilan encourageant, "sur le plan psychologique, l'appropriation des mains a progressé avec leur récupération fonctionnelle. Les greffons, en permanence sous le regard du patient et des autres, ont induit un système de défense particulier : le déni", a ajouté le Pr Dubernard.
Le déni consiste à penser en même temps des choses contradictoires sans que cette contradiction pose problème. Par exemple "je sais que la main greffée est celle d'un cadavre" et "je ne veux pas le savoir". Le déni ne fonctionne que s'il y a un clivage du psychisme, une partie pensant une chose et l'autre partie l'inverse, ceci permettant la contradiction. "Nous devons constamment défendre notre identité et c'est la raison de la nécessité du déni", souligne le Pr Dubernard.
Dans une autre étape, le patient doit apprivoiser la main comme une adolescente doit apprivoiser et découvrir son nouveau corps. Or, rapporte le professeur lyonnais, le premier patient a eu cette réaction : "je touche ma main, et c'est comme une vieille amie", attestant d'un contrôle de la main greffée. "La nécessité du déni est moins grande et la pensée de l'existence du donneur moins dangereuse", ajoute le Pr Dubernard./yg

 

Home

Le Club

Moteur

Belgian Rocket Motor Day

Moteur FARO

Fusées

Divers